Retour à l’essentiel : comment j’ai simplifié ma routine beauté
Avoir une routine beauté bonne pour la peau sans trop gaspiller, c’est possible? Voilà le défi que je me suis lancé, moi, fidèle utilisatrice de cosmétiques. Entre mes échanges avec des experts et mon nouveau rôle de maman, une évidence s’est imposée: il est possible de faire mieux tout en gardant ça simple.

Par Joëlle Paquette
Les Décarbonés
Mettons cartes sur table : je devais écrire cet article il y a plusieurs mois, mais un mini détail a tout chamboulé… j’ai accouché.
Au départ, je m’étais lancé le défi de rendre ma routine beauté pour la rendre un peu plus écolo — et de partager mes apprentissages avec vous. Sauf qu’entre-temps, mon bébé est arrivé et disons que mon double nettoyage quotidien a pris le bord.
Sept mois plus tard, ma routine beauté est plus minimaliste que jamais (voire pratiquement inexistante) et, par le fait même, son impact environnemental a aussi nettement diminué. Autrement dit, j’ai relevé mon défi à mon insu (yé!).
Reste que cette purge forcée m’a amenée à revoir ma routine beauté. Et si c’était plus simple qu’on pense? Et si la clé était d’en faire moins?
Truc 1 : Diminuer le nombre de produits utilisés
Psst! Petit secret entre nous : malgré la quasi-disparition de ma routine beauté, ma peau n’a pas vraiment changé.
Mon acné n’a pas augmenté, ma peau n’est pas terne et je n’ai pas l’air d’avoir 20 ans de plus. D’accord, le défi a eu lieu en été, une saison plutôt clémente pour notre minois et je n’ai pas de conditions chroniques, à part quelques boutons hormonaux sporadiques et des points noirs. Mais reste que l’apocalypse cutanée que j’appréhendais n’est jamais arrivée.
Il n’est pas question de tout abandonner, parce qu’un minimum de soins demeure bénéfique pour la peau et pour le moral mais peut-être pouvons-nous en faire moins, tout en obtenant sensiblement les mêmes résultats?

« L’idée est de revenir à l’essentiel : un nettoyant, une crème hydratante, une crème solaire sur une base quotidienne et un exfoliant une fois par semaine sont suffisants », suggère Marilyne Bouchard, microbiologiste de formation et fondatrice de la marque québécoise BKIND.
La fréquence et la quantité de produits employés méritent aussi d’être réévaluées. « Utiliser un produit deux fois par jour plutôt qu’une, c’est 50 % plus d’impact sur l’environnement – deux fois plus d’emballage, deux fois plus de transport », souligne Jasmine Azrak, associée de recherche à la Polytechnique de Montréal, qui a signé un mémoire sur les impacts environnementaux des routines d’hygiène personnelle des Québécois.
Marilyne Bouchard propose aussi de nettoyer notre visage une seule fois par jour, le soir. « Si on le lave trop, on risque d’enlever trop de sébum et d’assécher la peau. »
Un petit truc : plutôt que d’étendre la crème hydratante dans nos paumes avant de l’appliquer, il est préférable de déposer l’équivalent d’un petit pois sur le bout de l’index, de tapoter les quatre cadrans du visage (joues, front et menton) et de masser doucement. Le produit fera bien plus de millage ainsi, une façon simple et efficace de faire durer nos petits pots plus longtemps.
Truc 2 : Prioriser l’achat local
L’équation est simple: plus un produit parcourt de chemin pour arriver jusqu’à nous, plus son empreinte carbone sera importante. En optant pour des produits locaux fabriqués ici, nous réduisons considérablement le nombre de kilomètres nécessaires au transport et diminuons notre empreinte écologique.
Ce n’est pas tout de choisir un produit fabriqué au Québec. « Si on doit conduire deux fois plus loin pour aller chercher un produit dit « écologique », ça annule un peu l’avantage » rappelle Jasmine Azrak. Idéalement, on priorise notre pharmacie de quartier et on s’y rend à pied pour prendre l’air (ou dans mon cas, pour endormir mon bébé).


Truc 3 : Porter une attention particulière aux emballages
Quoi faire avec nos pots lorsqu’ils sont vides? Il suffit de suivre les nouvelles règles simplifiées du bac de récupération. Il n’y a que 3 mots à retenir : contenants, emballages et imprimés.
Un produit tout neuf, et déjà la boîte encombre le comptoir? C’est un emballage : direction bac de récupération. Pas besoin du petit guide d’utilisation qui vient avec notre nettoyant? C’est un imprimé : il prend lui aussi le chemin du bac. Le pot de crème est terminé? C’est un contenant, donc… vous l’aurez deviné : tout droit dans la récup!
Et si vous êtes de passage chez Sephora, Holt Renfrew ou L’Occitane, sachez qu’ils récupèrent aussi les cosmétiques terminés, peu importe la marque.
De plus en plus de compagnies offrent aussi des alternatives intéressantes. Pensons par exemple aux produits en vrac, qui sont souvent plus avantageux pour le portefeuille, ainsi qu’aux formats solides qui permettent de troquer les pots en plastique pour des emballages en carton compostables ou recyclables.
Truc 4 : Maximiser l’utilisation du produit
Que faire avec les retailles de shampoing en barre, par exemple? Il suffit de les humecter, de les presser contre une nouvelle barre et de laisser sécher. Résultat : une barre toute neuve à utiliser et zéro gaspillage.

Ce que je retiens de mon expérience
J’ai longtemps cru que la « beauté durable », c’était d’accumuler des produits spécialisés, vendus dans de jolis contenants et souvent dispendieux. Ce défi m’a fait réaliser une chose : revenir à la base, tout simplifier, c’est sans doute la façon la plus efficace de réduire mon impact. Et en pleine régression du sommeil de mon bébé, je dois dire que la simplicité, ça me plaît énormément.
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