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  • Mode de vieArticle24 novembre 2025

    Un vendredi peut-être fou... mais réfléchi

    Le vendredi fou de novembre est devenu un peu comme le sirop d’érable qui colle sur les doigts: réconfortant, sacré, mais difficile à décoller. Voici quelques trucs pour répondre à nos besoins annuels avec plus de sobriété, d’équilibre, et un portefeuille mieux garni.

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    Gâter sans acheter

    Si vous aviez à compter tous les objets qui se trouvent dans votre maison, vous arriveriez à combien? Quelques milliers probablement? Lorsqu’un nouveau besoin sillonne mon cerveau à la recherche du bouton « acheter », je m’arrête net: y a-t-il quelque chose, dans une boîte d’un de mes nombreux garde-robes du sous-sol, qui pourrait faire la job? 

    Je pense par exemple à ces objets qui restent confinés bien des années après un déménagement, parce qu’on n’a jamais pris la peine de les sortir: paniers de rangements, jardinières, cadres (j’en ai tellement encore dans des boîtes, qui encadrent des œuvres que je n’aime plus autant!), vases, articles de cuisine (comme un couteau encore bon qui doit juste être aiguisé!), sans compter tous les câbles, chargeurs et batteries entreposés n’importe comment dans le tiroir. Savoir ce qu’on possède déjà est essentiel pour comprendre ce dont on a besoin.

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    Dans le même ordre d’idée, il peut être intéressant de poser la question à la famille (tantes, parents, beaux-parents, etc.) du genre: « Salut Nicole! Charlie et moi on est en train de magasiner une armoire ben standard pour ranger du stock dans notre bureau. Si jamais t’en as une qui prend la poussière chez vous, fais-nous signe! » Ça peut sembler saugrenu, mais il nous est souvent arrivé, à mon copain et à moi, d’avoir besoin d’un item précis, comme d’une tablette ou d’un chevalet, et que… miracle, mes beaux-parents avaient exactement le dit-objet qui traînait dans leur sous-sol.

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    Lorsque toutes ces options ont été épluchées, le premier réflexe devrait être de regarder dans l’usagé avant le neuf. Si vous n’aimez pas magasiner en friperies, vous seriez surpris de ce qu’on peut trouver sur les plateformes seconde main des réseaux sociaux: électroménagers, appareils de cuisine, vêtements, meubles, décoration, sans compter les nombreux jouets pour enfants. Certains objets ont été tellement peu utilisés que ce ne serait même pas gênant de l’offrir en cadeau à Noël.

    Est-ce que ça vaut vraiment la peine, le Vendredi fou?

    Selon le Conseil canadien du commerce (1), le Canadien moyen dépenserait près de 1 000 $ le jour du Vendredi fou alors qu’une autre étude (2) indique que les rabais dont profitent les Canadiens le jour J n’est en moyenne que de 21 %. À la lumière de ces chiffres, je me questionne: est-ce que 21 % de rabais vaut toute cette mobilisation, ces dépenses et cette création de besoins? À voir tous les camions Amazon sur nos routes (un camion d’Amazon quitte un entrepôt chaque 1,33 minute au Royaume-Uni lors du week-end du Black Friday (3)), j’aurais tendance à dire que sous des airs d’événement grandiose, le Vendredi fou met la barre haute sans toutefois l’atteindre. En plus de faire pression sur les ressources de la Terre, il donne un peu l’illusion de faire des bonnes affaires.

    Réparer : un acte vraiment inutile?

    Un des éléments qui nous motive à acheter unnouvel objet, c’est parce que son prédécesseur est brisé. Avant même de penser à le réparer, on cherche le prochain rabais qui pourrait nous permettre de le racheter. En effet, selon un sondage Équiterre, seulement 18,6 % des Canadiens pensent à faire réparer leurs appareils (4).

    La perte du réflexe de réparer au lieu de remplacer relève de plusieurs raisons - difficulté de trouver un réparateur, coût de la réparation parfois équivalent au prix d’un item neuf ou simplement parce que l’appareil n’a pas été conçu pour être réparé (Ah! Le fléau de l’obsolescence programmée!) (5).  

    Pour aider les citoyens à franchir ces obstacles, le gouvernement du Québec a adopté il y a deux ans un projet de loi modifiant la Loi sur la protection du consommateur. En gros, il oblige les fabricants qui vendent au Québec à offrir des produits davantage réparables, à fournir les pièces et informations nécessaires à la réparation, tout en interdisant une planification hâtive à la décharge (6). Par contre, si vous achetez sur un site non québécois comme Amazon, Temu ou AliExpress, la loi ne s’applique pas. 

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    Pour vous aider à suivre le chemin gratifiant de la réparation, voici quelques pistes supplémentaires:

    • Saviez-vous qu’il existe une carte interactive pour localiser des réparateurs au Québec? Il n’y en a peut-être pas dans toutes les régions, mais peut-être que celui qui sauvera votre laveuse tient boutique dans une rue près de chez vous!
    • Connaissez-vous les repair café? C’est un concept international qui permet de trouver une multitude d’outils et de matériels pour réparer presque n’importe quoi. Vêtements, vélos, appareils électroniques, jouets, etc.« Mais est-ce que je vais savoir comment réparer ça!?? », me direz-vous. Pas de panique: des bénévoles sont sur place pour vous diriger! Bonne nouvelle: il y a environ une dizaine de ces cafés au Québec! 
    • Apprenez à diagnostiquer davantage les problèmes: si un appareil ne fonctionne plus, avant de crier à la panne fatale, vérifiez le fusible ou la batterie. Une bonne partie des pannes viennent de petits détails faciles à corriger.
    • Ayez toujours de la colle forte à portée de main. Comme tout outil miracle, elle a ses limites, mais elle peut allonger de quelques mois la vie d’objets du quotidien comme une chaise de plastique, un jouet, un manche à balai… et ce, en quelques secondes! 

    Et si, pour Noël, vous offriez à un proche de réparer un bien brisé au lieu de lui en acheter un nouveau? En plus d’être créatif, je trouve que c’est une belle surprise qui fait très « Petite maison dans la prairie »! (Tsé l’émission campagnarde où Charles, le papa, était capable de tout fabriquer de ses propres mains!)

    Fabriquer soi-même: plus simple que vous le pensez!

    Finalement, dans cette société où tout le monde sait se servir de l’intelligence artificielle, sommes-nous toutefois capables de créer, de fabriquer un objet de A à Z à partir d’une matière première?

    Personnellement, je suis une piètre bricoleuse ou couturière. J’ai tenté maintes fois de fabriquer moi-même mes sacs à fruits ou de recoudre des boutons d’habits et chaque fois, ça tenait par la peur. Depuis une dizaine d’années, j’essaie d’offrir des cadeaux de Noël faits mains à ma famille en misant sur mes forces (comme la cuisine). Par exemple, j’offre un petit beurre de poire maison, du caramel végane, des biscuits touski… ou je fais sécher les herbes et plantes médicinales de mon jardin afin d’offrir des mélanges personnalisés de tisane. Mais peut-être qu’un jour, je sortirai de ma zone de confort et tenterai de fabriquer mes propres chandelles à partir de bouts de chandelles du commerce? Ou que j’offrirai un magnifique plat de service à ma mère, que j’ai moi-même tourné dans un Céramic Café, qui sait?

    Je pense toutefois que nous sous-estimons nos capacités à nous réinventer. Vous avez des rebuts de planches bois qui traînent dans le cabanon? Pourquoi ne pas fabriquer une maisonnette pour vos enfants? Vous avez des chaussettes esseulées ou des petits morceaux de tissus inutilisables? Pourquoi ne pas créer une petite décoration saisonnière, qui s’offre si bien en cadeau d’hôte?

    Un Vendredi fou local?

    Si vraiment, c’est d’un nouvel item dont vous avez besoin en cette fin novembre, sachez que plusieurs commerces québécois et éthiques offrent des rabais intéressants pour le Vendredi fou. Suivez vos petites entreprises d’ici favorites sur Instagram, ou abonnez-vous à leur infolettre, ils l’annonceront assurément! Je pense au Pepito Friday de Mimi&August, à la boutique mode locale Mimz ou même à Mini Humains (anciennement Mère Hélène) qui offre des rabais en ligne jusqu’au 2 décembre. 

    Il y a également l’initiative Je déPENSE local, LE Vendredi fou québécois…mais qui a malheureusement déjà eu lieu! Mais si vous ne voulez rien manquer de l’événement l’an prochain, consultez les détails pour 2026 ici

    Et puis sinon, une autre belle façon d’encourager les petits artisans d’ici avant les Fêtes c’est de se rendre aux marchés de Noël de votre région. Même si ces rassemblements magiques ne sont pas réputés pour leurs rabais, vous achetez directement du créateur, ce qui évite les frais de manutention de livraison.

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